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samedi, avril 25, 2020

du dessin à l'écriture

Mes ouvrages tels que je les ai semés au fil du trait et des coups de pinceaux.

Manquent les livres sur le street art  publiés chez Gallimard , qui rendent dompte de mes angelines .
Manquent mes deux prochains  ouvrages sur l'art, la philosophie et la psychanalyse à paraître....




























































































































Pour compléter ces informations concernant ma pratique artistique  , je renvoie  d'ici vers mon autre blog illustrant mon  activité de psychanalyste et d'art-thérapeute attachée depuis toujours à la philosophie



mercredi, avril 15, 2020


Autobiographie ou
du bon usage salvateur de l'exercice  d'un art rapporté  dont l'enseignement permanent mêlé à celui de la philosophie et d'une pratique incessante de la psychanalyse, aura exacerbé le sentiment vivifiant d'un présent constamment interrogé en conscience chaque instant, rendant  disponible  sans la moindre altération tout élément gravé dans  la mémoire  parce que mesuré quotidiennement mué par
la rigueur de l'étude générant un parcours de vérité.
On peut y lire une sorte d'anticipation des semences de multiples  traces d'un chemin à l'image du petit Poucet soucieux de pouvoir circuler librement dans un aller et venir possible.
On peut y voir aussi l'effet de récoltes et semailles nommées telles par  Grothendieck qui conclut ainsi:
" Si quelque chose  pourtant est saccagé et mutilé, et désamorcé de sa force originelle, c’est en ceux qui oublient la force qui repose en eux-mêmes et qui s’imaginent saccager une chose à leur merci, alors qu’ils se coupent seulement de la vertu créatrice de ce qui est à leur disposition comme elle est à la disposition de tous, mais nullement à leur merci, ni au pouvoir de personne. Il s’agit de reprendre contact avec une beauté oubliée.



Faire parler les éléments de son histoire revient à bâtir , à réaliser  aussi  un acte de transmission. Plus que rassembler, l'idée est de  composer de quoi les faire vivre ensemble avec leurs fragments d’Autre, c'est à dire  inscrire également plus qu’un lien, un complexe de liens et leur transmission.

jeudi, mars 07, 2019




L’évasion créatrice.












La voie de l’art s’emprunte sans lamentation, naïvement sans calcul spéculaire vers nulle part.
Un vif élan naturellement nous pousse.

Il naît de l’autorité intime préverbale, qui à la« question pourquoi », répond :
«_ parce que ! »
Sur cette voie rode un désir de comprendre, d’apprendre, mué par l’étonnement des traversées de champs inédits.

Préférence est donnée aux chemins inégaux, chaotiques, incertains, traçant des perspectives afin que corps et âme, tout se mette en mouvement, énonce, et décrive un espace/temps, une chronométrie au service d’une ébauche du monde.

En réalité, il est beaucoup moins question de viser l’acquisition d’un savoir, que d’apprendre à accueillir les offrandes du vide, car c’est là, dans l’interstice, que tout est chaque fois possible.
L’aventure de l’évasion créatrice n’induit pas qu’on se fuit.
C’est tout le contraire !
L’avance à chaque pas, propulse vers la trouvaille de soi, dessine sans complaisance la singularité de notre circonscription d’où ce que nous exprimons fait sens.

La grande loi du vivant, la seule qui alors vaille, s’exerce dans le champ constructeur du beau, tributaire de l’harmonie. Ça tient… ou pas !

Quelque soit son ampleur, chaque oeuvre figure le reflet d’une étape qui dit par où l’on passe. Comme pour le cycliste, l’arrêt devient impossible, sinon c’est  la chute.
De facto, ce souci du mouvement s’avère notre familier au creux de notre discours et dans chaque acte que l’aspiration à créer ne saurait déserter.

L’extraordinaire d’une voie habitée par l’art, tient dans le fait que  ça ne déserte jamais le désir, 24h/24… quoiqu’on vive ou fasse, notre concentration s’accroit comme cette fichue dimension humaine qui s’élargirait sans limite possible. Nos sens exerçant le déploiement d’une pensée aux aguets, nous a engagé vers un aller simple, sans retour.

Quiconque fréquente une personne allant toute entière sur cette voie, doit considérer son mouvement perpétuel comme tuteur de l’âme au point de ne pouvoir s’autoriser à le remettre en doute, vu que le moindre déni d’un tel principe, anéantirait la dite personne en son fond.

Aimer et créer sont une et même question.
Aimer induit l’exercice d’un art, envers lequel, chacun est toujours perfectible.
Le but sera à jamais le chemin qui nous mène.
Catski Cisinski Durand.



vendredi, mars 01, 2019

Où créer m'entraîne

Je me ballade à l’orée au fil des atomes étoilés vers nulle part. Démunie de savoir en amont explicité, je glisse sur les peaux de bananes et délie les noeuds des jeux de dérapages. Aux matins, j’apprends les dédales de mon enchantement. Je suis née un bâton à la main à porter loin à mon tour, nourrie de ma vision des paysages traversés. Je parcours l’écart invisible d’une 25ème heure, guidée par une musique indicible, au rythme de l’ineffable. Cette quête inéluctable me dresse à l’infini. Je vois en creux les aspérités des contrastes, en bosses, la fraîcheur claire des murmures. J’entends les rires insolents des couleurs désobéissantes qui sans cesse cherchent la chamaille. J’accommode mon souffle à cette pluie arrogante. Je reçois les bruissements du monde, provocants, en apesanteur comme les sourires gracieux d’espaces atmosphériques, J’ouvre les yeux sur les viviers poétiques qui s’ébrouent, chantent, dansent, sans peurs et sans reproches... Les phrases de la terre Se dénouent voluptueusement. Mes poumons s’aèrent de lumière à la saisie des phénomènes d’une dictée de l’univers. Oiseau ivre dans l’air des aires, je joue des langages offerts afin d’accueillir l’horizon chanté de la vie. Mes bottes ont sept lieues, toute crottées de peinture. Je passe mon chemin soulevée par des lignes de fuite, géométrie d’un écart lumineux vide, plein d’espaces- pluriels. Voyante aveugle, je marche. J’avance à l’oreille, je saute au nez, les pieds joints, juste au point de fuite de ma vision, où mon corps soulevé s'alloue aux gestes de ma danse bleutée, transparente éphéméride. Et je sème des ors éthérés comme s’il s’agissait de balles de billard ricochant au bord des lignes inventées, visant à marquer de leur sang rouge, les verts projetés. La musique me promène et ma peinture fait preuve des dédales chantés, des clairières probables encore, des miroirs traversés à l’infini des trames inénarrables, portées, renouvelées, offrandes des possibles toujours, changeantes au gré du souffle, ce dernier, chef d’orchestre, chorégraphe de mon tracé. Mon sentiment porte mon corps à l’ouvrage. Là où je sens, j’y suis. Lenoir et le blanc du dedans, génèrent lignes fines et aériennes, qui harponnent la couleur de l’entendu, jonglent avec les règles et construisent leurs lois de l’instant, sous la dictée d’une grammaire maîtresse des lieux. Chaque couleur a ses heures de grâce et s’affirme comme une nécessité, via un dictat drastique. Tout esprit inventif cherche à libérer la pierre de son poids, à jeter des cailloux au ciel pour les fixer dans leur course exactement aux côtés des étoiles. Tel est l’ enjeu du désir marchant, fruit d’un élan primitif, épris des lumières qu’il séduit, afin qu’elles se laissent prendre, s’avèrent consentantes, décidées à ne jamais lui fausser compagnie, au ciel de sa mémoire. « Ce n’est pas tout d’aimer la peinture. Encore faut-il que celle-ci vous aime ».(Dali) Humblement je l'aime et chaque jour, me demande de façonner un mieux aimé encore...

mardi, octobre 25, 2016

Discussion avec une amie G.M. et Picasso him self.

G.M confie :
_ "Picasso disait : "Je ne cherche pas; je trouve.
Moi, je cherche toujours à me défaire de ce qu'on m'a appris et laisser plus de place à l'intuition, l'instinct, l'impulsivité, l'urgence. N'écouter que soi-même, en création bien sûr.

Et je répondis :
_ "On trouve" signifie qu'on se débrouille avec ce qu'on s'est donné. C'est la toile ou le dessin qui nous dicte ce qui est à faire... pas l'inverse ! Tout dépend donc du premier geste, du premier trait, de la manière dont a sauté dans le vide. 
Ou bien on retombe sur ses pieds. 
Ou bien on retombe sur ses pieds.
C'est pourquoi j'affirme qu'un professeur de dessin, ou un idiot de psy qui croit faire de "l'art thérapie" sans savoir qu'on risque sa vie sur format A4 comme dans une formule 1, celui là est incapable d'accompagner quiconque aspire à dessiner ou peindre.




vendredi, octobre 07, 2016

Vivre d'art en vérité...


Le monde n'est qu'une école de recherches pour tout artiste.
Par le choix de nos exercices, ce n'est pas le but qui compte.
Notre seule certitude tient dans le fait que ce but ne sera jamais atteint.
Ce qui compte est donc le chemin.
C'est à celui qui fera la plus belle course.
Parce que la vérité nous échappe toujours, plutôt que d'imaginer un jour la détenir,
la question est de compenser l'incurable éloignement du but, par l'excellence de la démarche.
Importent alors la manière, la persévérance et la précision.

Douter, se prendre les pieds dans le tapis fait parti du jeu.
Le travail têtu de l'artiste n'est autre que cette tentative
d'embellissement constructeur
qui repose sur l'ambition incongrue d'effleurer le vrai, parfois.

Catski Cisinski



samedi, septembre 03, 2016

A ceux qu'on foule aux pieds, poème de Victor Hugo

























À CEUX QU’ON FOULE AUX PIEDS


Oh ! je suis avec vous ! j’ai cette sombre joie.
Ceux qu’on accable, ceux qu’on frappe et qu’on foudroie
M’attirent ; je me sens leur frère ; je défends
Terrassés ceux que j’ai combattus triomphants ;
Je veux, car ce qui fait la nuit sur tous m’éclaire,
Oublier leur injure, oublier leur colère,
Et de quels noms de haine ils m’appelaient entre eux.
Je n’ai plus d’ennemis quand ils sont malheureux.
Mais surtout c’est le peuple, attendant son salaire,
Le peuple, qui parfois devient impopulaire,
C’est lui, famille triste, hommes, femmes, enfants,
Droit, avenir, travaux, douleurs, que je défends ;
Je défends l’égaré, le faible, et cette foule
Qui, n’ayant jamais eu de point d’appui, s’écroule
Et tombe folle au fond des noirs événements ;
Etant les ignorants, ils sont les incléments ;
Hélas ! combien de temps faudra-t-il vous redire
À vous tous, que c’était à vous de les conduire,
Qu’il fallait leur donner leur part de la cité,
Que votre aveuglement produit leur cécité ;
D’une tutelle avare on recueille les suites,
Et le mal qu’ils vous font, c’est vous qui le leur fîtes.
Vous ne les avez pas guidés, pris par la main,
Et renseignés sur l’ombre et sur le vrai chemin ;
Vous les avez laissés en proie au labyrinthe.
Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte ;
C’est qu’ils n’ont pas senti votre fraternité.
Ils errent ; l’instinct bon se nourrit de clarté ;
Ils n’ont rien dont leur âme obscure se repaisse ;
Ils cherchent des lueurs dans la nuit, plus épaisse
Et plus morne là-haut que les branches des bois ;
Pas un phare. A tâtons, en détresse, aux abois,
Comment peut-il penser celui qui ne peut vivre ?
En tournant dans un cercle horrible, on devient ivre ;
La misère, âpre roue, étourdit Ixion.
Et c’est pourquoi j’ai pris la résolution
De demander pour tous le pain et la lumière.

Ce n’est pas le canon du noir vendémiaire,
Ni les boulets de juin, ni les bombes de mai,
Qui font la haine éteinte et l’ulcère fermé.
Moi, pour aider le peuple à résoudre un problème,
Je me penche vers lui. Commencement : je l’aime.
Le reste vient après. Oui, je suis avec vous,
J’ai l’obstination farouche d’être doux,
Ô vaincus, et je dis : Non, pas de représailles !
Ô mon vieux cœur pensif, jamais tu ne tressailles
Mieux que sur l’homme en pleurs, et toujours tu vibras
Pour des mères ayant leurs enfants dans les bras.

Quand je pense qu’on a tué des femmes grosses,
Qu’on a vu le matin des mains sortir des fosses,
Ô pitié ! quand je pense à ceux qui vont partir !
Ne disons pas : Je fus proscrit, je fus martyr.
Ne parlons pas de nous devant ces deuils terribles ;
De toutes les douleurs ils traversent les cribles ;
Ils sont vannés au vent qui les emporte, et vont
Dans on ne sait quelle ombre au fond du ciel profond.
Où ? qui le sait ? leurs bras vers nous en vain se dressent.
Oh ! ces pontons sur qui j’ai pleuré reparaissent,
Avec leurs entreponts où l’on expire, ayant
Sur soi l’énormité du navire fuyant !
On ne peut se lever debout ; le plancher tremble ;
On mange avec les doigts au baquet tous ensemble,
On boit l’un après l’autre au bidon, on a chaud,
On a froid, l’ouragan tourmente le cachot,
L’eau gronde, et l’on ne voit, parmi ces bruits funèbres,
Qu’un canon allongeant son cou dans les ténèbres.
Je retombe en ce deuil qui jadis m’étouffait.
Personne n’est méchant, et que de mal on fait !

Combien d’êtres humains frissonnent à cette heure,
Sur la mer qui sanglote et sous le ciel qui pleure,
Devant l’escarpement hideux de l’inconnu !
Etre jeté là, triste, inquiet, tremblant, nu,
Chiffre quelconque au fond d’une foule livide,
Dans la brume, l’orage et les flots, dans le vide,
Pêle-mêle et tout seul, sans espoir, sans secours,
Ayant au cœur le fil brisé de ses amours !
Dire : — « Où suis-je ? On s’en va. Tout pâlit, tout se creuse,
Tout meurt. Qu’est-ce que c’est que cette fuite affreuse ?
La terre disparaît, le monde disparaît.
Toute l’immensité devient une forêt.
Je suis de la nuée et de la cendre. On passe.
Personne ne va plus penser à moi. L’espace !
Le gouffre ! Où sont-ils ceux près de qui je dormais ! » —
Se sentir oublié dans la nuit pour jamais !
Devenir pour soi-même une espèce de songe !
Oh ! combien d’innocents, sous quelque vil mensonge
Et sous le châtiment féroce, stupéfaits !
— Quoi ! disent-ils, ce ciel où je me réchauffais,
Je ne le verrai plus ! on me prend la patrie !
Rendez-moi mon foyer, mon champ, mon industrie,
Ma femme, mes enfants ! rendez-moi la clarté !
Qu’ai-je donc fait pour être ainsi précipité
Dans la tempête infâme et dans l’écume amère,
Et pour n’avoir plus droit à la France ma mère ! —

Quoi ! lorsqu’il s’agirait de sonder, ô vainqueurs,
L’obscur puits social béant au fond des cœurs,
D’étudier le mal, de trouver le remède,
De chercher quelque part le levier d’Archimède,
Lorsqu’il faudrait forger la clef des temps nouveaux ;
Après tant de combats, après tant de travaux,
Et tant de fiers essais et tant d’efforts célèbres,
Quoi ! pour solution, faire dans les ténèbres,
Nous, guides et docteurs, nous les frères aînés,
Naufrager un chaos d’hommes infortunés !
Décréter qu’on mettra dehors, qui ? le mystère !
Que désormais l’énigme a l’ordre de se taire,
Et que le sphinx fera pénitence à genoux !
Quels vieillards sommes-nous ! quels enfants sommes-nous !
Quel rêve, hommes d’Etat ! quel songe, ô philosophes !
Quoi ! pour que les griefs, pour que les catastrophes,
Les problèmes, l’angoisse et les convulsions
S’en aillent, suffit-il que nous les expulsions ?
Rentrer chez soi, crier : — Français, je suis ministre
Et tout est bien ! — tandis qu’à l’horizon sinistre,
Sous des nuages lourds, hagards, couleur de sang,
Chargé de spectres, noir, dans les flots décroissant,
Avec l’enfer pour aube et la mort pour pilote,
On ne sait quel radeau de la Méduse flotte !
Quoi ! les destins sont clos, disparus, accomplis,
Avec ce que la vague emporte dans ses plis !
Ouvrir à deux battants la porte de l’abîme,
Y pousser au hasard l’innocence et le crime,
Tout, le mal et le bien, confusément puni,
Refermer l’océan et dire : c’est fini !
Être des hommes froids qui jamais ne s’émoussent,
Qui n’attendrissent point leur justice, et qui poussent
L’impartialité jusqu’à tout châtier !
Pour le guérir, couper le membre tout entier !
Quoi ! pour expédient prendre la mer profonde !
Au lieu d’être ceux-là par qui l’ordre se fonde,
Jeter au gouffre en tas les faits, les questions,
Les deuils que nous pleurions et que nous attestions,
La vérité, l’erreur, les hommes téméraires,
Les femmes qui suivaient leurs maris ou leurs frères,
L’enfant qui remua follement le pavé,
Et faire signe aux vents, et croire tout sauvé
Parce que sur nos maux, nos pleurs, nos inclémences,
On a fait travailler ces balayeurs immenses !

Eh bien, que voulez-vous que je vous dise, moi !
Vous avez tort. J’entends les cris, je vois l’effroi,
L’horreur, le sang, la mer, les fosses, les mitrailles,
Je blâme. Est-ce ma faute enfin ? j’ai des entrailles.
Éternel Dieu ! c’est donc au mal que nous allons ?
Ah ! pourquoi déchaîner de si durs aquilons
Sur tant d’aveuglements et sur tant d’indigences ?
Je frémis.

Sans compter que toutes ces vengeances,
C’est l’avenir qu’on rend d’avance furieux !
Travailler pour le pire en faisant pour le mieux,
Finir tout de façon qu’un jour tout recommence,
Nous appelons sagesse, hélas ! cette démence.
Flux, reflux. La souffrance et la haine sont sœurs.
Les opprimés refont plus tard des oppresseurs.

Oh ! dussè-je, coupable aussi moi d’innocence,
Reprendre l’habitude austère de l’absence,
Dût se refermer l’âpre et morne isolement,
Dussent les cieux, que l’aube a blanchis un moment,
Redevenir sur moi dans l’ombre inexorables,
Que du moins un ami vous reste, ô misérables !
Que du moins il vous reste une voix ! que du moins
Vous nous ayez, la nuit et moi, pour vos témoins ?
Le droit meurt, l’espoir tombe, et la prudence est folle.
Il ne sera pas dit que pas une parole
N’a, devant cette éclipse affreuse, protesté.
Je suis le compagnon de la calamité.
Je veux être, — je prends cette part, la meilleure, —
Celui qui n’a jamais fait le mal, et qui pleure ;
L’homme des accablés et des abandonnés.
Volontairement j’entre en votre enfer, damnés.
Vos chefs vous égaraient, je l’ai dit à l’histoire ;
Certes, je n’aurais pas été de la victoire,
Mais je suis de la chute ; et je viens, grave et seul,
Non vers votre drapeau, mais vers votre linceul.
Je m’ouvre votre tombe.

Et maintenant, huées,
Toi calomnie et toi haine, prostituées,
Ô sarcasmes payés, mensonges gratuits,
Qu’à Voltaire ont lancés Nonotte et Maupertuis,
Poings montrés qui jadis chassiez Rousseau de Bienne,
Cris plus noirs que les vents de l’ombre libyenne,
Plus vils que le fouet sombre aux lanières de cuir,
Qui forciez le cercueil de Molière à s’enfuir,
Ironie idiote, anathèmes farouches,
Ô reste de salive encor blanchâtre aux bouches
Qui crachèrent au front du pâle Jésus-Christ,
Pierre éternellement jetée à tout proscrit,
Acharnez-vous ! Soyez les bien venus, outrages.
C’est pour vous obtenir, injures, fureurs, rages,
Que nous, les combattants du peuple, nous souffrons,
La gloire la plus haute étant faite d’affronts.


Victor Hugo

lundi, août 21, 2006

Ce que je ne souhaite à personne




Un an que je n'ai plus de main droite fiable.
Interdiction médicale de dessiner ou peindre. Ah non, alors !...
Du coup, tous ces mois, j'ai dessiné non point avec une mine dure comme le crayon, mais au pinceau. De même, au lieu de regarder le monde et ses questions comme d'habitude, c'est mon nombrile qui a tenu lieu d'horizon. Je veux dire par là que c'est sur mon corps que je me suis centrée puisque ça fait des années que je le malmène en prenant des positions impossibles sans m'en rendre compte pendant que je dessine ou peint. Ce sont ces positions nouées que j'ai tenté de représenter pour m'en défaire précisément. J'ai pu traverser ce sujet d'observation et atteindre les déesse mères de l'origine des temps, mais à l'huile. Ce sont celles que j'ai montrées précédemment et dont l'aspect statique ne me convient pas du tout. C'est pas drôle !
Sur le moment, entre le rien qui m'était imposé et ces toiles réalisées malgré tout, j'étais contente, sans plus, mais contente tout de même.
Maintenant, réinvestir le plaisir du geste, l'ampleur de mes propres mouvements pour que ça bouge à nouveau dans ma peinture, ça me démange. Et tant pis si ça peut casser : il faudra que ça passe !