"Le peintre, d'une longue expérience, acquiert son unique trait de pinceau". Humblement, pièce à pièce, il ajoute, retire, divise, exalté tente, reconstruit, donne à voir les effets de son insubordination, en son nom. Nomade constant, son ouvrage décrit l'espace d'un vaste territoire. De ses semailles, chante et danse la récolte de jeux de formes, de couleurs, de matières... Il ouvre et donne à voir un monde : le sien ! Catherine Catski Cisinski
samedi, septembre 14, 2013
mardi, septembre 10, 2013
D'où vient qu'on est peintre, et que c'est ça qui en nous se dit ?
La parole devrait théoriquement être contrat.
Mais les mots...
Innocents, ils n'ont rien fait à personne.
Ils sont là, disponibles dans chaque langue,
et s'offrent pour dire sentiments et pensées,
pour décrire, informer, faire partager, se réjouir...
A la merci de nos intentions, les mots peuvent tout autant chanter l'amour,
s'inscrire dans une parole de soutien et de réconfort,
tandis que bien aiguisés, il est possible d'en faire une arme assassine.
Idem pour le silence. Il est d'or, et à la fois,
le silence peut véhiculer l'indifférence, c'est à dire le plus profond mépris.
Également, il est possible de s'habiller avec les mots, d'en faire une coquetterie
vide de sens, ou bien une parole charmeuse, ou un discours trompeur,
devenant un outil de manipulation, comme en politique par exemple.
La pire des intentions qu'on puisse construire grâce aux mots,
c'est de leur confier la possibilité sournoise de culpabiliser autrui,
de l'enfermer dans ses peurs à double tours.
C'est un peu (voire beaucoup)
la posture sociale actuelle qui utilise les mots pour culpabiliser le citoyen,
consommateur invétéré ( mais sans cesse sollicité) qui devrait avoir honte
de détruire sa planète en prenant son bain, en essuyant sa cuisinière
avec des petites lingettes, ou en utilisant sa voiture pour aller gagner son pain,
puisqu'à cause de lui et de la neige réunis,
on est en train de mettre tant de sel sur les routes, que les poissons des
rivières en sont tout retournés et que les arbres bouderont au printemps.
Grâce aux mots, on peut donc dire un paquet de bêtises !
Innocents, ils n'ont rien fait à personne.
Ils sont là, disponibles dans chaque langue,
et s'offrent pour dire sentiments et pensées,
pour décrire, informer, faire partager, se réjouir...
A la merci de nos intentions, les mots peuvent tout autant chanter l'amour,
s'inscrire dans une parole de soutien et de réconfort,
tandis que bien aiguisés, il est possible d'en faire une arme assassine.
Idem pour le silence. Il est d'or, et à la fois,
le silence peut véhiculer l'indifférence, c'est à dire le plus profond mépris.
Également, il est possible de s'habiller avec les mots, d'en faire une coquetterie
vide de sens, ou bien une parole charmeuse, ou un discours trompeur,
devenant un outil de manipulation, comme en politique par exemple.
La pire des intentions qu'on puisse construire grâce aux mots,
c'est de leur confier la possibilité sournoise de culpabiliser autrui,
de l'enfermer dans ses peurs à double tours.
C'est un peu (voire beaucoup)
la posture sociale actuelle qui utilise les mots pour culpabiliser le citoyen,
consommateur invétéré ( mais sans cesse sollicité) qui devrait avoir honte
de détruire sa planète en prenant son bain, en essuyant sa cuisinière
avec des petites lingettes, ou en utilisant sa voiture pour aller gagner son pain,
puisqu'à cause de lui et de la neige réunis,
on est en train de mettre tant de sel sur les routes, que les poissons des
rivières en sont tout retournés et que les arbres bouderont au printemps.
Grâce aux mots, on peut donc dire un paquet de bêtises !
Les mots, ça se dit, mais aussi, ça s'écoute !
Si on veut, on peut donc constituer avec eux un discours sans fin,
histoire de remplir l'espace entre soi et autrui.
Comme ça, on est sûr que autrui n'aura aucune place pour parler.
Mais si on veut, on peut tendre l'oreille et écouter les mots des autres.
Parce que tout le plaisir sera dans la rencontre.
Dans ce cas, les mots deviennent une formidable passerelle,
ou bien une main tendue.
Je ne sais pas si on peut parler de projet.
C'est en tout cas, le fruit d'une décision, d'une aspiration, d'une envie,
d'une curiosité sincère, en rapport à laquelle, les mots sont de braves
petits soldats prêts à rendre service, par leur fidélité incommensurable.
Personnellement j'adore les mots.
Quand j'étais enfant, je les emportais dans un énorme dictionnaire
que je hissais en haut des arbres, et là,j'ouvrais au hasard et tentais
de déchiffrer les sons, tout en regardant la nature autour de moi,
pour y trouver une adéquation, pour m'y fondre. C'est ainsi que je me suis
appris à lire seule, en fronde,au hasard. J'adorais des mots jolis comme "libellule",
"myosotis" par exemple, ou encore "carrément" comme un carré menteur,
ou "circonvolution", ou "anticonstitutionnellement" qui me donnait
tant de satisfaction à savoir prononcer d'un coup.
Si on veut, on peut donc constituer avec eux un discours sans fin,
histoire de remplir l'espace entre soi et autrui.
Comme ça, on est sûr que autrui n'aura aucune place pour parler.
Mais si on veut, on peut tendre l'oreille et écouter les mots des autres.
Parce que tout le plaisir sera dans la rencontre.
Dans ce cas, les mots deviennent une formidable passerelle,
ou bien une main tendue.
Je ne sais pas si on peut parler de projet.
C'est en tout cas, le fruit d'une décision, d'une aspiration, d'une envie,
d'une curiosité sincère, en rapport à laquelle, les mots sont de braves
petits soldats prêts à rendre service, par leur fidélité incommensurable.
Personnellement j'adore les mots.
Quand j'étais enfant, je les emportais dans un énorme dictionnaire
que je hissais en haut des arbres, et là,j'ouvrais au hasard et tentais
de déchiffrer les sons, tout en regardant la nature autour de moi,
pour y trouver une adéquation, pour m'y fondre. C'est ainsi que je me suis
appris à lire seule, en fronde,au hasard. J'adorais des mots jolis comme "libellule",
"myosotis" par exemple, ou encore "carrément" comme un carré menteur,
ou "circonvolution", ou "anticonstitutionnellement" qui me donnait
tant de satisfaction à savoir prononcer d'un coup.
Quand je qualifie plus haut les mots "d'innocents", c'est en rapport
à cette rencontre avec eux, au sommets des feuilles, du temps où ils
étaient désencombrés de vouloir dire quoi que ce soit pour les autres.
Au sein du dictionnaire, leurs sons me parlaient. Liés avec le paysage
environnant, ils faisaient résonner des images magiques. Je crois que
c'est ainsi qu'on devient peintre sans le savoir encore.
Parce que le mot tel qu'on le retrouve ensuite enfermé dans des paroles
paradoxales, des paroles sans pensée, il est comme gaspillé, meurtri,
vidé de sa sève vitale.
Et puis, des fois, le mot est insuffisant pour faire résonner en un seul
ce qu'on ressent. Alors l'usage d'un autre langage comme celui de l'image
ou de la musique, vient compléter ce qui se loge dans la valise de chaque mot.
à cette rencontre avec eux, au sommets des feuilles, du temps où ils
étaient désencombrés de vouloir dire quoi que ce soit pour les autres.
Au sein du dictionnaire, leurs sons me parlaient. Liés avec le paysage
environnant, ils faisaient résonner des images magiques. Je crois que
c'est ainsi qu'on devient peintre sans le savoir encore.
Parce que le mot tel qu'on le retrouve ensuite enfermé dans des paroles
paradoxales, des paroles sans pensée, il est comme gaspillé, meurtri,
vidé de sa sève vitale.
Et puis, des fois, le mot est insuffisant pour faire résonner en un seul
ce qu'on ressent. Alors l'usage d'un autre langage comme celui de l'image
ou de la musique, vient compléter ce qui se loge dans la valise de chaque mot.
Tout ça est bien subjectif.
Mais c'est à la subjectivité de chacun que les mots
se trouvent assujettis.
Oui, ce qui nous différencie de l'animal, c'est l'usage de la parole, avec la
liberté de choisir de la faire tenir, ou bien au contraire, de mentir avec elle,
de se mentir même.
Mais ce qui nous différencie de l'animal également, c'est le rire.
Au commencement est la parole.
Et chacun détient la liberté de faire d' elle, un objet digne ou non.
C'est bien cela qui se donne en partage
dès qu'on s'ouvre à l'autre, n'est-ce pas ?
Construire un tableau revient à faire des phrases
avec des mots sans bornes, qui prennent le temps de résonner
au delà de la raison.
Se demander de savoir lire un tableau,
revient à se donner le temps d'entendre la circulation
des images animées à l'intérieur des mots.
Catherine Cisinski
se trouvent assujettis.
Oui, ce qui nous différencie de l'animal, c'est l'usage de la parole, avec la
liberté de choisir de la faire tenir, ou bien au contraire, de mentir avec elle,
de se mentir même.
Mais ce qui nous différencie de l'animal également, c'est le rire.
Au commencement est la parole.
Et chacun détient la liberté de faire d' elle, un objet digne ou non.
C'est bien cela qui se donne en partage
dès qu'on s'ouvre à l'autre, n'est-ce pas ?
Construire un tableau revient à faire des phrases
avec des mots sans bornes, qui prennent le temps de résonner
au delà de la raison.
Se demander de savoir lire un tableau,
revient à se donner le temps d'entendre la circulation
des images animées à l'intérieur des mots.
Catherine Cisinski
Catherine Cisinski : Une expo nommée D.Zir
Exposition "dite sauvage" à Paris avec d'autres artistes
du street art dont Epsy Epsylone.
érotrait _ C.Cisinski
Autre forme de graphisme qui vise l'épure du trait
et souligne la suave douceur et la sensuelle approche
du plaisir d'aimer, de s'ouvrir à l'autre et donc au monde.
la question de l'Origine (interdit _ 18 ans)
Traiter de l'origine... "l'origine du monde" est immédiatement invoquée, notre pensée allant droit à ce tableau de Gustave Courbet,
dont on ne cesse de parler puisqu'il pose cette question sous sa forme la plus mystérieuse, et mythifiée... nonobstant l'érotisme absolu suggéré de cet arbre masquant la forêt du plaisir dont tous nous provenons.
Le sujet est tentant puisqu'il fonde l'objet de notre désir à tous.
En cela, prendre la liberté d'en isoler la figure revient à enfin donner à voir de quoi circuler sur la voie lumineuse d'une douce légèreté de l'Être.
Dessins érotiques (interdit -18ans)
Recherche graphique toujours d'un trait,
dans le souci de l'épure maximale
et le reflet de la douceur du sujet exprimé
dans le champ de l'amour et de la sensualité
jeudi, avril 18, 2013
jeudi, avril 04, 2013
Ma peinture : pourquoi, comment ?
Oui, souvent on me demande tout autant
pourquoi toutes ces couleurs vives,
et comment je fais pour sourire tout le temps.
En réalité, l'explication est simple.
Voilà : je n'ai pas grandi.
Je sais. J'aurais dû.
Mais c'est comme ça.
Donc, ami qui t'interroge,
il faut reprendre tout depuis le début.
Est-ce que tu peux te souvenir comment c'était dans ta tête, quand tu étais petit ?
Ce devait être comme pour tous ces enfants avec qui je m'entends parfaitement,
vu qu'en leur présence, j'ai automatiquement leur âge, puisqu'il est inclus dans le mien.
Tu te souviens, cette sensibilité face à la justesse, à l'équité par exemple ?
Tu te souviens comme enfant, on ne supporte pas la parole fluctuante d'un adulte,
qui reporte sans cesse une promesse par exemple, ou bien qui juge à tort et à travers ?
Tu te souviens combien alors on est sensible à ce qui éclaire, ce qui explique
comment et pourquoi une chose est là, sous telle forme ?
"Et pourquoi ? Et pourquoi ?" demande incessamment l'enfant ?
Et d'ailleurs tu dois forcément te souvenir combien l'enfant sait spontanément ouvrir le champ du rêve
et tendre l'oreille à ce qui est "pour de faux" mais qui est si beau à croire.
Car l'enfant, fait très bien la part des choses entre fiction et réalité,
contrairement à ce que racontent les adultes confus.
Il a horreur qu'on le trompe,
qu'on lui raconte des histoires,
quand il ressent bel et bien un trouble face à ce qui advient en réalité.
Tu te souviens de ce sens aiguë de la frontière entre réel et imaginaire qui ouvre
toutes les aires de jeux possibles ?
"Ici on ferait mine de ... et tu dirais ou ferais cela..."
Et bien tu vois, cette rigueur enfantine, c'est plus fort que moi, je l'ai gardée intacte.
Je n'ai pas grandi, te dis-je.
Cela veut dire quoi ?
1/ D'une part, le plus sympa :
cela veut dire qu'il existe un espace ouvert au tout permis,
à savoir le champ ludique, rien qu'avec des règles inventées et tout et tout,
où tout est possible.
_ La création fait partie de ce lieu.
_ Comme aimer pour moi est créatif, aimer se joue aussi à cet endroit.
_ Vivre, idem.
( D'ailleurs, au plus loin de ma mémoire, je sais que j'ai posé : vivre= aimer= créer.)
"L'imaginaire, c'est sur ma toile" comme j'ai dit à mon banquier,
continuant par "et tant que mon compte est une réalité arithmétique,
je ne veux pas de carte bancaire" ... par exemple.
2/ D'autre part ce goût du jeu bien localisé,
implique la considération du réel bien en place pour de vrai,
l'exigence d'une vigilance à être présent, lucide, conscient le plus possible,
sans se raconter d'histoires là où les histoires leurrent, troublent la perception,
et donc la clarté de notre pensée dont nous avons besoin, en tant qu'outil précieux,
même pour jouer justement.
Fait sens ainsi le fait de ne pas aimer l'ivresse, la drogue et tous les "plaisirs artificiels"
qui me privent du plaisir réellement conscient de jouer quand je décide de jouer.
Tu te souviens combien c'est grave de jouer lorsqu'on est enfant ?
Je veux dire, tu te souviens comme on pointe du doigt "le traître" qui n'a pas respecté les règles ?
Car le jeu,ce n'est pas n'importe quoi : c'est sérieux !
Parce qu' à cette condition uniquement,
on peut partir absolument, dans des délires sans mesure.
L'enfant le sait.
Et bien, moi aussi !
Je n'ai jamais su oublier l'exigence nécessaire et suffisante du respect de la règle dans l'énoncé,
surtout si on l'a soi-même inventée.
C'est cela fonder sa parole dans une annonce.
Sans doute est-ce la raison pour laquelle j'adore le système de penser mathématique.
Il y a les mots déposés par avance, et rien que ceux-la font lois.
On n'a ensuite pas le droit de se disperser vers ce qui n'a pas été inscrit en amont dans l' annonce.
Il faut faire avec ce qui est donné et rien qu'avec cela, trouver une issue.
J'adore cette clarté posée strictement. C'est un défi idyllique !
C'est comme un jeu d'enfant qui consiste à marcher sur la margelle au-dessus du vide... et sans tomber !
... mais "c'est pour de faux le risque", puisqu'on sait que c'est nous qui avons inventé la situation donnée.
Et ça, faut jamais oublier qu'on a soi-même poser le problème.
Toute problématique n'existe que par notre acte de l'avoir créée.
La philo, prolonge ce bonheur qui consiste alors à saisir un mot devenant concept,
pour l'étirer, le modeler, le broyer jusqu'à obtenir la lie de son jus signifiant.
Quant à la psychanalyse,
vu que ça met en exergue tous nos contresens et donc notre puissance imaginative
pour passer à côté de problèmes réels, le phénomène est inversé chronologiquement.
Du coup, en considérant un tel processus et en se donnant le temps, il devient
très curieux de révéler et dénouer nos inventions
jusqu'à la clarté retrouvée d'une direction indiquée.
C'est la trouvaille du sens.
A la longue, c'est aussi un jeu d'enfant.
Le champ de l'art est par définition, un jeu de construction,
l'espace d'agencements articulés pour faire sens d'une histoire crédible, vraisemblable.
Cela fait sens au pied de la lettre purement.
Comme l'enfant, je sais que sérieusement, la vérité s'anime là, dans ce qui est semblable au vrai.
On ne fait donc pas n'importe quoi pour tenter de l'atteindre.
On joue franc jeu en amont, avec les éléments qu'on dépose liés par la règle du jeu indiqué.
... en l'occurrence pour ce qui est de l'art, nommée "une consigne".
Tu vois, grosso modo, même si sans aucun doute, ce schéma est plutôt réducteur,
on va dire que je me suis construite ainsi, en rapport au jeu dans toute chose.
Et plus j'augmente en âge, plus je suis démunie de savoirs stupides,
et plus, conséquemment, je libère ce qui reste : le rire.
Y'a plus que ça à faire...
Mais pour ça, faut pas se perdre de vue.
Faut pas se raconter des histoires.
C'est sous cet angle que j'aborde quiconque,
et quoi que ce soit de la vie
dans un laisser - venir vers nulle part d'abord,
en amitié avec le monde.
C. Cisinski
jeudi, mars 28, 2013
jeudi, février 14, 2013
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